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Costume portelois

 

La demoiselle en rouge
Dame en violet
Costume de mariage
Dame en mantelet
Dame en dodo
Dame en jupe rayée
Marin au boussareau
Bijoux portelois

Aquarelle de Cyril représentant le costume portelois

 

 En 1914, dans son roman « Gingolph l’abandonné », René Bazin relate l’habillage d’une jeune fille pour la bénédiction de la mer :

« Marie Libert, debout sur le parquet, en vêtements de dessous, jupon court de laine blanche, chemise plissée à peine échancrée au cou, attendait qu'une grande fille du Portel, pâle et longue de museau, son amie, commençât de poser les trois pièces de la coiffure.

 — Vous arrivez bien, cousine Lobez, dit Marie : on va me faire belle.

En même temps, prenant bien garde de ne pas remuer la tête, car on emprisonnait, dans un premier bonnet de piqué, son chignon bien serré, dur et demi-circulaire comme une châtaigne quand elles sont deux dans la même bogue, elle tendait les mains, elle donnait un peu de son âme tendre à la pauvresse invitée. Celle-ci n'avait point de fille de cet âge. Elle se sentit comprise, aimée, interrogée par ces yeux entre blond et brun, de la même couleur que les cheveux, et qui la regardaient tout droit, et l'enveloppaient, et l'attiraient. Ils disaient : «  Petite mère Lobez, si vous croyez que je vous ai fait venir pour le seul plaisir de vous avoir chez moi, vous vous trompez. Vous êtes une bonne femme, une lointaine parente, mais il y a une autre raison : devinez laquelle? » La veuve pensait : « Quel plaisir j'aurais à avoir cette petite nonne chez
 moi ! Jacqueline ne m'aide guère. Jeanne fait ce  qu'elle peut, mais c'est bien petit encore, tandis que celle-ci, celle-ci ! » Elle serra les mains qu'on lui tendait, et, prenant, sur le lit de parade, la  cornette de toquet, qui est le fond de la coiffe de cérémonie, elle l'appliqua sur le bonnet de piqué, et l'assujettit en arrière, avec une épingle de cuivre. De même, en avant, elle fixa, et serra une belle bande de mousseline bordée de Valenciennes, qui affleurait le front, pressait les tempes, tournait au-dessous de l'oreille, et venait  s'attacher aussi à la naissance de la nuque. La coiffe étant ainsi posée, on ne voyait des cheveux qu'une toute petite barre châtain clair, un banc de sable entre le front et la dentelle. La tète, moulée dans l'étoffe blanche, n'ayant plus la richesse profane des cheveux, prenait une dignité religieuse. Le visage devenait roi. Rien ne se perdait plus du moindre mouvement des sourcils, des yeux, des lèvres.


 — Voici maintenant la robe, dit la veuve.

 
De ses deux bras écartés, elle entr'ouvrait la jupe de fin mérinos rouge, qu'elle tint un moment immobile au-dessus de la tête de Marie, et qu'elle laissa couler jusqu'à la ceinture. Aussitôt la jeune Porteloise, l'autre habilleuse bénévole, pria Marie de tendre ses bras aux manches repassées, et qui se tenaient gonflées, d'un corsage en mousseline blanche brodée. Elle attacha le tablier, également de mousseline brodée, et elle se recula, pour juger de l'effet. C'était déjà un riche costume, et mis en place par des mains adroites. La petite Jacqueline, pour l'admirer, s'était détournée, elle avait cessé de compter les chemises, les draps, les tabliers et les mouchoirs de soie assortis, les serviettes et les torchons de l'armoire ouverte à deux battants. Mais la principale pièce du costume manquait encore. Sur le lit, Rosalie Lobez prit le « mouchoir d'honneur », un grand châle en cachemire, orné de dessins de couleurs violentes, rouges, violets et verts, et garni de longues franges blanches comme ceux des filles de Séville. Elle mit un peu de temps à l'ajuster, car c'est un art véritable. Il faut que le châle laisse le cou dégagé, qu'il fasse comme une corbeille au bas de la nuque, et qu'il croise sur la poitrine. Sur la table, ce fut Jacqueline qui prit les boucles d'oreilles d'or, longues d'au moins cinq centimètres, deux « branches de raisin », comme on dit au Portel, et les pendit aux oreilles de Marie. Ce fut elle qui passa au cou de Marie la chaîne d'or qui faisait cinq tours, et qui venait de la grand'mère.

— Te voilà gréée, dit la mère Libert : viens me voir! »

 

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Dernière modification : 11 mai 2014