Accueil Remonter

Fort de l'Heurt

 

Le fort de l'Heurt à marée basse

Le Fort de l'Heurt fut élevé par ordre de Bonaparte sur des vestiges de l'ancien promontoire Icius du géographe Ptolémée après la rupture du Traité d'Amiens par les Anglais en Mai 1803. Cette masse de rochers qui autrefois formait un îlot allant jusqu'à Equihen portait, d'après une ancienne carte anglaise, le nom d'Heustrière. Ce nom serait devenu par contraction Heustre puis Heurt.

Aquarelle de Jules Victor Vaillant (vers 1875). On remarquera  le parapet sur la  terrasse,  la fenêtre à gauche et l’échelle n’apparaissant déjà plus ou en partie sur les cartes postales les plus anciennes  

Le fort de l'Heurt — Photo prise vers 1898

Le projet de construction du fort de l’Heurt fut arrêté par Bonaparte le 30 germinal an XI (20 avril 1803), et la réalisation des plans fut confiée au lieutenant colonel Dode, Sous-Directeur des fortifications.

Plan du fort de l'Heurt daté de l'An XIII de la République (1804)

Le 4 prairial (24 mai), huit jours après la rupture de la paix d’Amiens, les travaux commençaient sous la direction du capitaine du génie Gouville et les premières pierres étaient posées, entamant ainsi la construction de la maçonnerie du fort. le 29 juin. 

Après bien des dommages dues aux tempêtes et aux attaques incessantes des Anglais, le fort fut enfin opérationnel le 16 juillet 1804. Il avait pour but de protéger par le sud le mouillage de la flottille du Camp de Boulogne et avait un jumeau qui se trouvait à la pointe de la crèche.

 

LES CARACTERISTIQUES DU FORT

L’enveloppe extérieure du fort était construite en pierres de taille ayant les dimensions approximatives suivantes : longueur 1,90 m, largeur 1,30 m et hauteur 0,40 m. Les contreforts et les noyaux étaient en maçonnerie de moellons liés avec un mortier composé de ciment et de chaux et l’intérieur fut rempli de blocailles noyées dans du mortier.

 Les dimensions du fort étaient les suivantes : la longueur de la façade (côté falaise) était de 50 mètres, sa largeur centrale (tour comprise) de 35 mètres et sa hauteur de 13,50 mètres. La plateforme avait une épaisseur de 40 centimètre et formait un demi de cercle bordé d’un parapet large de 2 mètres sur une hauteur de 1,50 mètres et d’un développement intérieur de 82 mètres ; celui-ci donnait face à la mer et comportait un escalier à chacune de ses extrémités. La terrasse s'élevait, comme on l'a vu 13,50 m) au-dessus des rochers et couvrait 175 m2.  Elle  comportait coté falaise une rambarde disposée de chaque côtés de la tour. En façade, côté falaise, il y avait dans le mur d’escarpe de gorge, des fenêtres qui éclairaient les logements, le magasin à munitions et l’escalier de la tour, ainsi que trois conduits (à droite de la tour) qui servaient à ventiler le magasin à poudre. Il n’y avait pas au départ de fenêtre à droite de la tour. Par la suite, vers la fin du 19e siècle, le conduit de ventilatio n central fut remplacés par une fenêtre.

On accédait dans les casemates par deux poternes qui se trouvaient de chaque côté de la tour à l’aide d’une échelle en bois dont les barreaux étaient en bronze. Les pieds de cette échelles étaient scellés dans le rocher et sa partie supérieure, fixée par des crampons de fer s’appuyait sur le seuil des poternes. On accédait à la plateforme d’artillerie à partir des casemates par un escalier circulaire situé dans la tour.

 

LA GARNISON ET L’ARMEMENT DU FORT

La garnison comprenait 40 à 50 hommes. Le corps de garde était composé de 15 hommes et de plusieurs officiers ; toutefois, l’effectif a varié selon les époques. Les logements étaient prévu pour 80 hommes ; ils étaient garnis de lits de camp. Un portelois, Louis Marie Lobez y aurait été chef de batterie en 1805 et le célèbre Vidocq y aurait monté la garde. 

L’armement était composé de 12 canons de 36 sur affût de côte, dont 7 en bronze et de 4 obusiers à grande portée de 6” , disposés en arc de cercle derrière le parapet et de 3 mortiers de 12” à la Gomer et à plaque disposés au centre de la plateforme. Le fort était équipé aussi d’un fourneau à soufflet pour faire rougir les boulets, d’un magasin à poudre et d’un plus petit pour les artificiers.

Les canons et les obusiers furent hissés en terrasse le 16 juillet 1804 — alors que le fort n'était pas encore terminé — et mis aussitôt en batterie. 

Le fort de l'Heurt vers 1939

Pendant la deuxième guerre mondiale, les allemands y coulèrent une dalle de béton afin d'y installer une batterie de DCA ; ce qui aura pour effet de consolider l'ensemble des ruines du bastion et de le préserver jusqu'à nos jours. Toutefois une grosse tempête en novembre 1998 a provoqué la chute d'une partie de l'ouvrage. Depuis plus de 20 ans notre association se bat jusqu'aux plus hauts niveaux de l'Etat pour sa sauvegarde. Un projet de consolidation est actuellement en cours.

F. D.

 

horizontal rule

 
 

 Accueil Remonter Suivante

 
Envoyez un courrier électronique à histoire.leportel@gmail.com pour toute question ou remarque concernant ce site Web.

Copyright © 2005 - 2013, LE PORTEL, son histoire et son patrimoine
Dernière modification : 11 mai 2014