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Le fort de l'Heurt à marée basse Le Fort de l'Heurt fut élevé par ordre de Bonaparte sur des vestiges de l'ancien promontoire Icius du géographe Ptolémée après la rupture du Traité d'Amiens par les Anglais en Mai 1803. Cette masse de rochers qui autrefois formait un îlot allant jusqu'à Equihen portait, d'après une ancienne carte anglaise, le nom d'Heustrière. Ce nom serait devenu par contraction Heustre puis Heurt.
Le projet de construction du fort de l’Heurt fut arrêté par Bonaparte le 30 germinal an XI (20 avril 1803), et la réalisation des plans fut confiée au lieutenant colonel Dode, Sous-Directeur des fortifications.
Plan du fort de l'Heurt daté de l'An XIII de la République (1804) Le 4 prairial (24 mai), huit jours après la rupture de la paix d’Amiens, les travaux commençaient sous la direction du capitaine du génie Gouville et les premières pierres étaient posées, entamant ainsi la construction de la maçonnerie du fort. le 29 juin.
Après
bien des dommages dues aux tempêtes et aux attaques incessantes des Anglais, le
fort fut enfin opérationnel le 16 juillet 1804. Il avait pour but de protéger
par le sud le mouillage de la flottille du Camp de Boulogne et avait un jumeau
qui se trouvait à la pointe de la crèche.
LES CARACTERISTIQUES DU FORTL’enveloppe extérieure du fort était construite en pierres de taille ayant les dimensions approximatives suivantes : longueur 1,90 m, largeur 1,30 m et hauteur 0,40 m. Les contreforts et les noyaux étaient en maçonnerie de moellons liés avec un mortier composé de ciment et de chaux et l’intérieur fut rempli de blocailles noyées dans du mortier. On accédait dans les casemates par deux poternes qui se trouvaient de chaque côté de la tour à l’aide d’une échelle en bois dont les barreaux étaient en bronze. Les pieds de cette échelles étaient scellés dans le rocher et sa partie supérieure, fixée par des crampons de fer s’appuyait sur le seuil des poternes. On accédait à la plateforme d’artillerie à partir des casemates par un escalier circulaire situé dans la tour.
LA
GARNISON ET L’ARMEMENT DU FORT L’armement était composé de 12 canons de 36 sur affût de côte, dont 7 en bronze et de 4 obusiers à grande portée de 6” , disposés en arc de cercle derrière le parapet et de 3 mortiers de 12” à la Gomer et à plaque disposés au centre de la plateforme. Le fort était équipé aussi d’un fourneau à soufflet pour faire rougir les boulets, d’un magasin à poudre et d’un plus petit pour les artificiers. Les canons et les obusiers furent hissés en terrasse le 16 juillet 1804 — alors que le fort n'était pas encore terminé — et mis aussitôt en batterie.
Le fort de l'Heurt vers 1939 Pendant la deuxième guerre mondiale, les allemands y coulèrent une dalle de béton afin d'y installer une batterie de DCA ; ce qui aura pour effet de consolider l'ensemble des ruines du bastion et de le préserver jusqu'à nos jours. Toutefois une grosse tempête en novembre 1998 a provoqué la chute d'une partie de l'ouvrage. Depuis plus de 20 ans notre association se bat jusqu'aux plus hauts niveaux de l'Etat pour sa sauvegarde. Un projet de consolidation est actuellement en cours. F. D.
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