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Le Camp de Boulogne

 

POURQUOI LE CAMP DE BOULOGNE

 

Tout a commencé le 26 Vendémiaire An VI (17 octobre 1797), quand Bonaparte se vit confier par le Directoire, la mission d’étudier la possibilité d’une descente contre l’Angleterre afin de la forcer à la paix. Ce même jour, il venait de signer le traité de Campo-Formio et se préparait à revenir en France. Le Directoire inquiet de la popularité grandissante de Bonaparte profita de cette occasion pour lui donner de l’occupation afin de l’éloigner du pouvoir. Le 5 Brumaire An VI  (26 octobre 1797) le Directoire créa l’armée d’Angleterre et en confia le commandement provisoire au Général Desaix, en attendant le retour d’Italie du Général Bonaparte, qui en sera nommé Commandant en chef.

 Revenu en France, le Premier Consul partit de Paris le 20 pluviôse An VI (8 février 1798) avec Lannes, Bourrienne, et Sulkowsky ; il arriva incognito à Boulogne après avoir visité Étaples, le 22 pluviôse (10 février), sous un nom emprunté à un aide de camp du général en chef de l’armée d’Italie. Il inspecta le port et la côte, interrogea matelots, caboteurs, pêcheurs, et même contrebandiers, sans toutefois prendre pour l’heure de décision. Le 29 (17 février), il regagna Paris renonçant à un débarquement en Angleterre et fit accepter l’idée d’une campagne en Orient[1].

 

La mise en place du camp de Boulogne

Devenu premier Consul de la république au lendemain du coup d’état du 18 brumaire (9 novembre 1799), Bonaparte mit fin grâce à ses victoires en Italie et en Allemagne à 10 ans de guerre en signant la paix avec l’Autriche (traité de Lunéville, 9 février 1801), puis avec l’Angleterre (traité d’Amiens, le 25 mars 1802).

 

Le 26 floréal an XI (16 mai 1803), la Grande Bretagne irritée par le comportement agressif de Bonaparte, et n’acceptant pas l’hégémonie française sur le continent, rompit la fragile paix d’Amiens et repartit en guerre sur les mers avec la France. Bonaparte résolu à frapper l’Angleterre chez elle, reprit son projet de descente. Il revint donc à Boulogne et inspecta soigneusement la côte, depuis Étaples jusqu’au Gris-Nez. A dater de cette époque les environs de Boulogne se couvrirent de troupes et on multiplia les fortifications côtières. D’Étaples à Calais, dunes et falaises se hérissèrent de batteries, de poudrières et de postes de vigie. Pour abriter la flottille destinée à transporter l'armée en Angleterre, le port de Boulogne fut agrandi et aménagé, celui d'Ambleteuse remis en état et on creusa à Wimereux un port artificiel. Marins et soldats étaient entraînés journellement à la manœuvre de la voile et de l'aviron. Les exercices d'embarquement et de débarquement se succédèrent. Napoléon veilla lui-même de très près à ces préparatifs. Trois forts furent construits sur la laisse de basse mer afin de constituer une ligne de feux avancée et protéger par le sud le mouillage de la flottille impériale du Camp de Boulogne. Deux de ces forts étaient jumeaux : le premier sur les rochers de l’Heurt au Portel et le deuxième sur les rochers de la  pointe Crèche[2], entre Boulogne et Wimereux. Entre deux se trouvait un fort en bois de charpente appelé « fort en bois », « fort de l’expédition », ou aussi « fort rouge », construit pour défendre le port de Boulogne à l’extrémité du chenal. Ces trois ouvrages faisait partie d’un ensemble comprenant plusieurs autres forts dont celui de Chatillon au sud de Boulogne, d’Ambleteuse (restauré à cet effet), du fort Napoléon à l’embouchure de la Liane, du fort du mont de Couple construit sur les ruines d’anciennes fortifications du 17e siècle[3], du fort de Croy à Wimereux… Toute la côte d’Ambleteuse au Nord de Boulogne à Ningle, au sud, était protégée par des batteries composées de canons de 24 et de 36, si nombreuses que les anglais appelèrent du nom de « Côte de fer » la partie comprise entre ces deux points. A partir d'août 1804, la ligne d'embossage[4] fut placée entre le fort de l'Heurt et celui de la Crèche (plan ci dessous). Elle atteignait une lieue et barrait l'accès du port.    

Texte extrait de mon article intitulé " Le fort de l'Heurt... 200 ans d'histoire " publié dans " L'Amarette " de mai 2003 édité par l'Association de Sauvegarde du Fort de l'Heurt et du Patrimoine Portelois.

 

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Notes

[1] Ce projet d'expédition dirigé contre l'Angleterre fut l'objet d'un rapport de Bonaparte au Directoire dès le 5 Ventôse An VI (23 Février 1798) ; il y indiquait les conditions très précises qu'il estimait devoir être remplies pour parvenir au but, à défaut de quoi il jugeait qu'il fallait renoncer au projet de descente. Celui-ci sera suspendu et, finalement, se préparera l'expédition d'Égypte. Trois jours plus tôt, Talleyrand, à la demande de Bonaparte, a remis au Directoire un rapport conseillant une expédition française en Orient. 

[2] Aujourd’hui disparu parce que contrairement au fort de l’Heurt, le fort de la Crèche n’avait pas l’intérieur rempli de blocailles noyées dans du mortier. Déjà en 1840 ce fort était bien endommagé par les assauts de la mer. En 1891, une tempête extrêmement violente qui dura plus de huit jours le détruit presque entièrement, au point que ses ruines étaient recouvertes par la mer à chaque marée. On les fit donc sauter à la dynamite car elles constituaient un danger pour la navigation. Une digue, qui prend naissance sur les ruines du fort, fut construite par la suite ; il semblerait qu’elle l’ait été en partie avec les matériaux qui le composaient.

[3] Le fort du mont de couple s’appellera désormais du mont de Couppes. Le premier fort avait été construit à la même époque que celui du fort Montplaisir  (vers 1546).

[4] La ligne d’embossage était composée de  200  à  300  bâtiments reliés entre eux par des chaînes. Elle fut mise en place par Latouche-Tréville dès 1801, à la demande de Bonaparte. Par mauvais temps les  bâtiments  rentraient  au  port  pour  se mettre à l’abri. La ligne d’embossage permettait aux équipages de s’exercer mais aussi d’éviter l’encombrement du port.

 

 
 

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Dernière modification : 11 mai 2014