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La marine

 

 

LA MARINE DU PORTEL

   

Boulogne-sur-mer se glorifie à juste titre d'être aujourd'hui le plus grand port de pêche de France et du Continent (1952). Cette gloire, Boulogne la doit sans doute à sa Marine propre : Marins, Patrons, Armateurs et Directeurs des Industries annexes. Cette gloire, Boulogne la, doit aussi à la Marine du Portel.

 

I. - Les Origines : Le FLOBART Portelois

Pêcheurs et Paysans, tels étaient les premiers Portelois, qui avaient établi leur demeure  sur les falaises à l'embouchure du ruisseau « LE-TIEN ». L'ancêtre Portelois a d'abord pratiqué la pêche à pieds, sur sa côte où le poisson abondait : Harengs, poissons plats, merlans, congres, etc Puis, au moyen d'un petit canot « FLOBART », mû à la rame, ou à la voile gonflée par le vent, il pratiqua la pêche au large plus fructueuse. Une première liste, relevée patiemment au début du siècle par Mgr Leprêtre, donne les noms et les propriétaires de nombreux flobarts portelois. Le premier en liste « LA MUTINE » appartenait au sieur Bernard BOURGUAIN, du Portel, 2 tonneaux, construit en l'an 5, le 22 septembre 1796. Le dernier en liste est le « SAINT-JEAN-BAPTISTE », appartenait à J.-B. Benjamin BOURGAIN du Portel, 2 tonneaux, N° 211, armé le 11 août 1846. « Cordier » pendant la belle saison, le Marin portelois devenait « Harenguier » pendant la saison d'Hiver. La nécessité d'embarquer une « TESURE DE ROIES » (filets) toujours plus longue, pour pêcher davantage de harengs, fit augmenter le tonnage des Flobarts portelois. Les derniers gros Flobarts d'Equihen, qui embarquaient 25 à 30 roies, nous en donnent le Type disparu.

En 1852, un EPI fut construit sur la plage du Portel pour mieux abriter la flottille des flobarts Portelois. Cependant, les plus gros flobarts cherchaient déjà un abri au port de Boulogne.

 

II. – Le DUNDÉE Portelois

Les gros flobarts portelois non-pontés réfugiés au Port de Boulogne, furent peu à peu remplaçés par des bateaux pontés à voiles, semblables aux derniers bateaux à voiles d'Etaples.

 a) Le Cabestan à barres

Sur ces bateaux déjà lourds, il fallut faire entrer dans la « TÉSURE » un cordage de résistance, auquel seraient attachés les « ROIES » (filets) et les « BARILS » (flotteurs). Pour relever ce cordage et ses annexes, on plaça sur le pont des petits Dundées portelois, un cabestan à barres, actionné par des hommes, comme cela se pratiquait encore sur les bateaux de BERCK avant 1914.

b) Le Cabestan à Vapeur : Machine-HaIeur

Bientôt on installa sur les Dundées portelois une petite machine à vapeur, dite « Machine-haleur », pour actionner le cabestan.

Les Dundées mesuraient alors un peu moins de 20 mètres et pouvaient embarquer 300 barils (tonneaux). Ainsi équipés, les Marins Harenguiers du Portel s'élancèrent en Mer du Nord, au     devant des Bancs de Harengs. C'est un Marin Portelois, GOURNAY- CHOUCHOU, qui aurait abordé le premier aux « ILES » pour y pêcher le Hareng, qu'il a rapporté conservé dans le sel.

 

III. - Le Cordier Portelois à vapeur

Un autre Marin Portelois, Pierre-François BOURGAIN, dit CANARD (1846-1920) a inventé avec succès le cordier à vapeur, dit « Merlangueux » ou « Machinier ». En 1879, il installa sur son gros flobart B. 1657, « L'ANGE GARDIEN », construit chez Seillier, une hélice à deux branches actionnée par une Machine-Haleur adaptée. Cette Initiative fut laborieuse et pleine de péripéties dramatiques. Mais elle fut couronnée de succès. Sans doute, des essais de propulsion mécanique sur les bateaux de pêche avaient déjà été tentés à Boulogne peu auparavant, sur le « STUART » B. 1151, sur « L'EURVIN » B. 1493 et sur le « REINE-BERTHE » B. 1555. Ces trois essais n'eurent pas de suites. Ces trois bateaux ont fini leur carrière comme simples voiliers. Le chalutier à vapeur « VILLE DE BOULOGNE » B. 2260, n'apparaîtra qu'en 1894. En 1885, Bourgain - Canard fit construire aux chantiers BAHEUX, un nouveau cordier à vapeur, en bois, « L'AMIRAL COURBET » B. 1795 de 13 mètres de longueur, avec chaudière, à retour de flammes. Sa vitesse était de 7 noeuds. Nous en possédons la photo authentique. En 1897, le même Bourgain-Canard fit construire à Saint-Denys « L’ANGE-GARDIEN » B. 2451, avec coque en acier. de13 mètres de longueur Sa vitesse était de 8 noeuds. Le principe du cordier à vapeur était lancé. En peu de temps, Le Portel eut une flottille de 35 Merlangueux. Pierre-François Bourgain, dit Canard reçut la médaille d’argent de seconde classe de la Société d'Agriculture et de Pêche, à Paris, le 21 janvier 1897, « en reconnaissance des services qu’il avait rendu aux pêches Maritimes. »

 

Le cordier à vapeur « amiral Courbet » B. 1795 de Pierre François Bourgain dit « Canard »

 

IV.- Le Dundée Portelois, exclusivement Drifter

a) La pêche au maquereau, dans les mers d’IRLANDE

A l’origine le Dundée Portelois était harenguier pendant les mois d’hiver et cordier pendant l’été. Il vint un temps où certains Dundées du Portel abandonnèrent définitivement la pêche aux cordes. C’est alors qu’ils se lancèrent sur les traces des marins de Fécamp et de Caen, qui pêchaient et ramenaient des Mers d’Irlande de maquereaux salés. Cette pêche se faisait au cours des mois de mars, avril et mai. C’est à l’occasion de cette pêche du maquereau dans les Mers d’Irlande qu’un autre marin du Portel, Charles BOURGAIN, dit « Charlot », aurait eu le mérite d’utiliser, pour la première fois la glace pour la conservation du poisson à bord. Cette pratique fut vite généralisée dans tous les genres de pêche fraîche.

b) Le Dundée Portelois à la Pêche à la Morue

Aux mois de juin et juillet, le Dundée portelois Inaugurait sa saison de hareng, en remontant en Mer du Nord, jusqu'aux « ILES-FEROË », au sud de l'Islande, pour y pêcher la Morue, qu'il salait dans des barils. Puis il s'adonnait à la pêche au hareng.

c) Découverte du Hareng de « LA PLATA »

Au témoignage des anciens, c'est encore un Marin Portelois, Pierre GOURNAY, dit « LE-ZOUAVE », qui, pendant les mois de « Harengs d'Hiver » (janvier et février) aurait découvert les bancs de harengs de « LA PLATA », en rade du Havre.

 

V. - Le DRIFTER Portelois à vapeur

A une certaine époque, Le Portel possédait 40 Dundées. Le dernier Dundée B. 272, Saint-François d'Assise, fut construit par les chantiers BAHEUX en 1913, pour le compte de L.-M. BOURGAIN-GIN. En peu d'années, après la  guerre 1914-18, les Dundées portelois avaient tous disparu pour faire place à des drifters à vapeur sur lesquels les Marins du Portel continuèrent à pêcher le hareng et le maquereau a"- filets dérivants. Cette dernière forme de pêche apporta au Portel une grande prospérité. 

Puis les Drifters portelois abandonnèrent peu à peu la pèche du maquereau au filets dérivants qu'ils remplacèrent par la pêche au chalut. Ainsi, avant 1939, les drifters portelois étaient tantôt harenguiers et tantôt chalutiers.

 

VI. -Le CHALUTIER Portelois à vapeur et à moteur

La guerre 1939-45 avec son exode et sa destruction totale du Portel fit disparaître à tout jamais la pêche au filet dérivant. Après 1945, les drifters portelois à vapeur survivants s'adonnèrent à la pêche au chalut exclusivement. En plus de ces chalutier à vapeur d’avant-guerre, la Marine Porteloise s'est accrue depuis quelques années de plusieurs chalutiers modernes à moteur.

 

VII. - PÊCHE « A La PART » au Portel

Des origines, Jusqu’au temps des drifters à vapeur aux filets dérivants, les Marins du Portel ont navigué sous le régime « de la Part ». Patrons et Marins d’un même bateau mettaient en commun gains et frais, risques et pertes. C’était le régime de la « participation » avant la lettre. Cette formule économique dans le travail a fait du Portel une cité prospère qui, en un siècle, est passée de 2000 à 8000 habitants.

 

CONCLUSION

N’étant pas gratifié par la Nature de cet avantage physique, Le Portel Maritime, tout en restant lui-même s’est vu contraint d’apporter au port voisin, au port de Boulogne, le fruit de son labeur et de ses qualités professionnelles. Le Portel est en vérité l’une des pierres de base du Port de Boulogne-sur-Mer. Aujourd’hui encore, 37% des Marins et des Patrons des chalutiers armés à Boulogne sont d'origine Porteloise.

   

Père Bourgain

 

Ce texte est extrait du dépliant « Le Portel et sa Marine »

édité en juin 1952 par le Syndicat d’Initiative du Portel

à l’occasion de l’exposition Internationale de la Pêche de Boulogne-sur-mer

 

 

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Dernière modification : 11 mai 2014